Centre d'exposition Université de Montréal
imprimante

Des spores et des poussières d’étoiles

Auteur
Annie Thibault

Année
2005

Médium
Sculpture
Panneaux de verre, pastilles de verre thermoformées, émail et poudre d'oxyde colorée

Dimensions
240 x 630 cm

Collection d'œuvres d'art de l'Université de Montréal

Programme d'intégration des arts à l'architecture et à l'environnement

Emplacement
Pavillon Marcelle-Coutu
Œuvre sur la carte

Accessibilité
En semaine

Durée de la vidéo : 46s

Vidéo de l’œuvre

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Description de l'œuvre

Les pastilles de verre, à la manière de gouttelettes d’eau, renvoient à une ancienne théorie, la panspermie, selon laquelle des spores et des poussières d’étoiles se sont déposées sur la rosée et seraient à l’origine de la vie sur terre. Une légende française prétend que les cultures de champignons tombaient de la lune. On les nommait « purgations d’étoiles », « crachats de lune » ou « crachats du diable ». Mêlant fables, magie et biologie, l’artiste propose une plongée dans l’infiniment petit.

Chaque pastille est unique, faite d’émaux et de poudre d’oxyde colorée fondue dans du verre. Inspirées de vraies cultures, les pastilles dévoilent l’infiniment petit. La surface légèrement bombée rappelle d’ailleurs les boîtes de Pétri dans lesquelles les scientifiques « élèvent » les microorganismes.

Le mur peint en vert teinte les panneaux de verre sur lesquels les pastilles semblent flotter et s’agglutiner, comme le feraient des organismes vivants dans une boîte de Pétri. Par ailleurs, lorsque l’œuvre est vue de loin, l’emplacement des pastilles sur les plaques de verre, suggère l’image d’une constellation.

L’œuvre évoque sans l’illustrer la vocation de recherche du principal utilisateur du pavillon, l’Institut de recherche en immunovirologie et cancérologie (IRIC).

Courant artistique

Annie Thibault trouve important que les œuvres qu’elle réalise dans le cadre du Programme d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement s’inscrivent dans sa démarche artistique. Elle aime ce défi qui lui permet d’explorer de nouvelles avenues de création, malgré les contraintes de permanence et de sécurité qui sont contraires à la spontanéité et à l’éphémérité qu’elle pratique dans son travail d’atelier.

Pour la première fois, Annie Thibault utilise les pastilles de verre pour reproduire les moisissures. Elle reproduit à l’aquarelle les résultats d’ensemencement. Puis, les maîtres verriers voient à fondre les pigments dans le verre non sans avoir fait de nombreuses recherches pour contrôler les réactions des oxydes lors de la cuisson du verre. Pour l’artiste, les pigments fondus dans le verre et les surprises qui en résultent sont une manière de transposer l’organicité de façon permanente.

Ce travail rejoint sa démarche artistique, basée sur l’intuition, la manipulation et… l’erreur. Dans la manipulation du vivant, l’erreur est importante et il faut, aussi bien en science qu’en art, savoir en tirer parti. Cela peut donner lieu à des découvertes importantes : la pénicilline a été découverte par hasard. Les erreurs qu’Annie Thibault nomme « espaces déviants » la mène ailleurs.

On peut aussi rattacher sa démarche au bio-art, un nouveau courant de l’art contemporain où les artistes utilisent le vivant comme mode d’expression.

© Tous droits réservés 2010, Centre d'exposition de l'Université de Montréal